Les principales activités économiquesCette section présente l’économie de Saint-Pierre et Miquelon selon les secteurs d’activité primaire (agriculture, élevage, pêche et aquaculture), secondaire (transformation des produits de la pêche, bâtiment et travaux publics, artisanat, énergie et environnement), et tertiaire (commerce, tourisme, transports, télécommunications et services). Secteur primaireDepuis longtemps, l’agriculture desservait essentiellement le marché local de l’archipel. Depuis près de vingt ans, l’agriculture se tourne de plus en plus vers l’extérieur. En 2007, presque la totalité de la production était assurée par six entreprises et 25 employés. Ces agriculteurs produisent plus de trente produits agricoles. La laitue arrive au premier rang dans la production avec plus de 67 000 unités, suivi de la tomate avec plus de 6 tonnes. En 2007, la production animale de l’archipel est principalement constituée de poulets de chair (37 282), de canards (1 420), et d’ovins (238). L’élevage de poulet est en majorité assuré par la Société Saint-Pierraise d’Élevage. L’élevage de canards est quant à lui assuré par la Ferme de l’Ouest et le foie gras est le produit principal découlant de cette activité. La pêche à Saint-Pierre et Miquelon a connu une chute considérable au cours des dernières années. La décision du tribunal arbitral de New York de 1992 et le moratoire sur la morue imposé par le Canada sont les causes principales de cette diminution. Les Nations Unies ont autorisé les états riverains à créer des zones économiques exclusives (ZÉE) de 200 miles nautiques. Cette décision a mené à un conflit entre la France et le Canada concernant la ZÉE française autour de l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon. Le tribunal arbitral de New York décida que la ZÉE s’étendra sur près de 21 milles nautiques autour de l’archipel et formera un corridor nord-sud de 10,5 milles nautiques de largeur et 200 milles nautiques de long. Ainsi, la zone totale de l’archipel s’établit à une superficie d’environ 10 000 km2. La même année, soit en 1992, le Canada a instauré un moratoire sur la pêche à morue d’une durée de cinq ans qui existe toujours dans plusieurs zones. Les eaux territoriales de l’archipel se limitent à 12 milles nautiques. Le Canada et Saint-Pierre et Miquelon ont d’ailleurs signé un accord en 1972 qui a été suivi par un procès-verbal d’application signé en 1994. Cet accord vise à déterminer les quotas pour l’archipel dans la zone 3 Ps. Le total admissible de captures (TAC) est déterminé annuellement par le Conseil consultatif des pêches franco-canadien. En 2007, il a été convenu que le quota de Saint-Pierre-et-Miquelon pour la morue était de 2 210 tonnes (1 602 tonnes pour la pêche industrielle et 608 tonnes pour la pêche artisanale), de 306 tonnes pour le sébaste, de 73 tonnes pour la plie grise, et de 1 155 tonnes pour le pétoncle d’Islande.
Figure 1
Source : L’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest (OPANO), http://www.nafo.int/fisheries/frames/fishery.html
L’OPANO réglemente les eaux internationales situées entre le Canada et le Groenland en matière de pêche. Cet organisme gère les stocks halieutiques à l’exception du saumon, du thon, du marlin, des baleines et autres espèces secondaires. En 2007, Saint-Pierre et Miquelon disposait des quotas suivants dans la zone OPANO :
La gestion des stocks des thonidés est assurée par la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique. Pour l’année 2007, les quotas sont les suivants :
La pêche industrielle à Saint-Pierre et Miquelon était entièrement effectuée par l’entreprise SPM Seafood International, qui emploie une soixantaine de personnes à temps plein et une dizaine de façon saisonnière. En 2007, ce type de pêche a traité 1 675 tonnes de morue, 160 tonnes de sébaste, sept tonnes de plie et 83 tonnes d’autres poissons pour un total de 1 925 tonnes. Certains quotas sont également pêchés sous contrats avec des navires canadiens. Parmi les prises totales (entreprises locales ou sous contrat), les crustacés arrivent premiers avec 52 % des prises (surtout la crevette nordique et le crabe des neiges), les pélagiques en deuxième avec 30 % des prises, les poissons de fond avec 12 % des prises, et finalement les mollusques avec 6 % des prises. La pêche artisanale est pratiquée par une trentaine de navires de petite et moyenne taille. En 2007, ce type de pêche a récolté 521 tonnes de morue, 23 tonnes de lompe, 153 tonnes de crabes des neiges, et 996 tonnes d’autres poissons. La pêche de plaisance est importante à Saint-Pierre et Miquelon. On compte plus de 800 navires de plaisance, qui servent aussi à se déplacer d’une île à l’autre. Les plaisanciers s’intéressent particulièrement à la pêche au homard, pour laquelle il y a une limite de quatre prises par sortie. Pour cette raison, le marché local du homard est plutôt faible. Finalement, c’est l’État français qui assure la gestion des ressources dans les eaux territoriales de l’archipel avec l’appui technique de l’Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer (IFREMER) et du service des affaires maritimes. Le crabe des neiges était soumis à un quota de 286 tonnes en 2007, tandis que d’autres espèces ne sont soumises à aucun quota, tel que la limande, le bulot, le lompe, la raie et le homard. L’aquaculture est pratiquée sur l’archipel depuis peu de temps. À l’heure actuelle, il existe deux projets; le grossissement de morue, initié en 2002 par la société Aquafutur, et l’élevage des coquilles Saint-Jacques, initié en 1998 par l’Association pour la recherche et le développement de l’aquaculture (aujourd’hui gérée par Exploitation Des Coquilles). Secteur secondaireLe secteur secondaire comprend la transformation des produits de la pêche, le bâtiment et les travaux publics, l’artisanat, l’énergie, les hydrocarbures, et l’environnement. Transformation des produits de la pêcheLe secteur de la transformation des produits de la pêche comprend quatre entreprises.
Le territoire, de par son statut de PTOM, peut bénéficier d’une dérogation à la règle d’origine permettant de conférer à des produits d’origine étrangère, par exemple en provenance du Canada, l’origine Saint-Pierre-et-Miquelon à condition qu’une transformation suffisante (généralement, un minimum de 45% de la valeur du produit fini) soit effectuée localement. Ces produits peuvent ensuite être exportés vers l’Union européenne en exonération totale de droits de douane. L’archipel bénéficie ainsi d’une dérogation annuelle pour 250 tonnes de noix de St-Jacques; 105 tonnes annuelles de queues, pattes, et pinces de homard congelées; 1 290 tonnes de filets de merlu, aiglefin, lieu noir, plie, limande, sole, cabillaud, sébaste, dorade, flétan noir et flétan atlantique congelés; chair ou farce congelée d’aiglefin, lieu noir, merlu, cabillaud; filets de morue salée et morue salée entière. De plus, l’archipel possède une main-d'œuvre qualifiée, l’expertise nécessaire dans la transformation de plusieurs produits ainsi que dans l’exportation de ceux-ci, généralement vers l’Europe ou les États-Unis. Bâtiment et travaux publicsLe secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) est le troisième secteur en importance sur l’archipel. Ce secteur crée 11 % de la valeur ajoutée, tandis que les services administrés en créent 39 % et le commerce en crée 14 %. En termes d’emploi, le secteur du BTP emploie 10 % de la population active de Saint-Pierre et Miquelon. Il faut noter que ce secteur dépend en grande partie des investissements de la France et de la Collectivité territoriale, qui ont injecté plusieurs millions d’euros dans les catégories suivantes : la construction, les bâtiments publics, les réseaux d’aqueduc, l’assainissement, l’électricité, les infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires, ainsi que la protection du littoral. Fait intéressant, moins de 13 % des résidences principales de l’archipel ont été construites depuis 1999. Plus de 40 % d’entre elles ont été bâties entre 1975 et 1998, alors que près de 30 % ont été construites entre 1949 et 1974. ArtisanatLe secteur de l’artisanat chevauche le secteur alimentaire, le bâtiment, le transport, la réparation, les services aux individus, le textile, l’habillement et autres fabrications artisanales. L’archipel compte plus de 60 entreprises dans le secteur du bâtiment, soit près de la moitié des entreprises artisanales. Viennent ensuite les secteurs des transports, réparation et autres services avec 39 entreprises, les services à la personne avec 17 entreprises, et le domaine alimentaire avec 13 entreprises. Le Conseil Territorial peut offrir une prime d’équipement afin d’améliorer les installations de ces entreprises. L’entreprise doit avoir au moins 15 employés et mener ses activités de façon continue dans l’archipel. Cette aide peut s’ajouter aux avantages fiscaux et douaniers déjà prévus dans le Code local des investissements ainsi qu’à l’aide à la constitution du fonds de roulement de 3 050 €. ÉnergieLa production d’énergie électrique de Saint-Pierre et Miquelon s’élevait à près de 45 000 MWh en 2007. Environ 85 % de la demande en énergie provient de Saint-Pierre, tandis que les 15 % restants proviennent de Miquelon. Les centrales électriques de l’archipel fonctionnent au mazout. D’ailleurs, le fonctionnement des centrales électriques a nécessité près de 12 000 tonnes de mazout en 2007. Miquelon possède quant à elle des éoliennes afin de produire de l’énergie renouvelable. La production d’énergie par ces éoliennes couvre environ le quart de la demande de Miquelon. Pour arriver à produire ces quelques 1,7 millions de kWh par an, Miquelon est équipée de dix aérogénérateurs Gev 15/60 pouvant générer 60 kWh chacun. Cette création d’énergie renouvelable compte pour 3 % de la production électrique totale de l’archipel en 2007. Un projet de construction d’une centrale du groupe EDF est en cours. La nouvelle centrale est prévue pour 2012. Les travaux de terrassement débuteront en ce début d'année 2010. Il sera possible de la relier à une ferme éolienne privée. D’autre part, le Conseil Territorial a signé un accord cadre avec EDF en faveur de la maîtrise d’énergie et du développement des énergies nouvelles. C’est une véritable démarche partenariale basée sur une convention de 3 ans. Les actions qui seront menées visent à consommer mieux, de manière à respecter l’environnement et à maintenir voire améliorer son confort et réduire sa facture d’électricité. Cet accord s’inscrit dans la mise en œuvre d’une politique énergétique globale de la Collectivité dans le cadre de sa stratégie de développement durable. HydrocarburesLes hydrocarbures sont une autre composante du secteur de l’énergie. Ceux-ci sont particulièrement importants pour l’archipel puisqu’ils servent au fonctionnement des centrales électriques, à la consommation des véhicules, mais aussi au chauffage des foyers. Les hydrocarbures sont entièrement importés, à raison de près de 25 000 tonnes en 2007. L’entreprise Louis Hardy SAS distribue le produit à l’intérieur de l’archipel. Il est important de noter que le prix du mazout pour le chauffage des ménages ainsi que de l’essence pour les voitures est fixé par le Préfet. En 2008, les prix étaient fixés à 64 cents € le litre. En 2005, le gouvernement du Canada et le gouvernement de la République française ont signé un accord d’unitisation sur les hydrocarbures. Cet accord transfrontalier franco-canadien comprend les provinces canadiennes de Terre-Neuve et Labrador et de la Nouvelle-Écosse, ainsi que l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon. Les modalités de l’accord visent essentiellement à encadrer le partage des coûts et des bénéfices découlant des champs d’exploitation d’hydrocarbures qui se trouvent dans les eaux contigües. Si l’exploitation des richesses présentes en zone française n’est pas encore une réalité, l’archipel souhaite se positionner à court terme sur les services liés à l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures en tissant des relations d’affaires avec les provinces canadiennes proches. EnvironnementLa gestion de l’eau s’effectue à partir d’une station de traitement d’eau qui puise l’eau dans des étangs. Le prix de la consommation d’eau sur l’archipel est prélevé sur les impôts des particuliers par les communes, donc il n’y a pas de prix facturé aux consommateurs. La biodiversité de l’archipel amène aussi sa part de défis. Les principaux défis de l’archipel sont de préserver la biodiversité, ainsi que d’accroître les connaissances par rapport à celle-ci. Le développement économique de Saint-Pierre et Miquelon dépend entre autres de sa capacité à relever ces défis puisque la richesse de la biodiversité contribue positivement au tourisme sur l’archipel. Un plan biodiversité a été adopté en 2008 conjointement par l’État français et le Conseil Territorial. Il recense les richesses présentes sur le territoire et envisage les actions de préservation et d’éducation à entreprendre. Secteur tertiaireLe secteur tertiaire, qui inclut le commerce, le tourisme, les transports, les télécommunications ainsi que les services, crée près de 85 % de la valeur ajoutée de l’archipel. Pour ce qui est du secteur des transports, Saint-Pierre et Miquelon compte des infrastructures aéroportuaires, portuaires, et terrestres. Les ports et aéroports sont d’autant plus importants pour l’archipel étant donné son insularité. CommerceEn 2007, on comptait 118 entreprises dans le secteur du commerce, soit l’équivalent au quart des entreprises enregistrées, et celles-ci créent 14 % de la richesse de l’archipel. Par ailleurs, un peu plus des deux tiers de ces entreprises sont des commerces de détail, près du quart des commerces de gros et intermédiaires, toutes industries confondues. Plus de 400 personnes sont à l’emploi de ces entreprises de commerce, soit environ 15 % de la population active de Saint-Pierre et Miquelon. TourismeLe tourisme, basé sur la culture, l’histoire et la nature, représente une piste vers la diversification économique de l’archipel. Près de 12 000 touristes sont venus visiter l’archipel en 2007, dont 55 % étaient des Canadiens. Parmi ces Canadiens, environ la moitié venait de Terre-Neuve et Labrador, 16 % du Québec, 12 % de l’Ontario et 11 % des provinces maritimes (Île-du-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick et Nouvelle-Écosse). Les Américains sont le deuxième groupe de touristes en importance, tandis que les Français de la métropole constituent le troisième groupe. La durée des séjours des touristes est généralement courte. Près de 60 % y restent de deux à quatre nuits, tandis que le tiers pour une seule nuit. L’archipel de Saint-Pierre et Miquelon offre plusieurs attraits touristiques. Par exemple, il y a un festival de la mer, une fête western, une fête basque, une fête de la musique, un marathon de 25 km et plusieurs tours guidés. Six musées présentent des expositions permanentes, des circuits thématiques et bien plus. Les musées sont généralement ouverts durant la période touristique allant du mois de juin au mois de septembre. TélécommunicationsSaint-Pierre et Miquelon compte un réseau téléphonique fixe, un réseau sans fil, un réseau internet ainsi qu’un système de vidéoconférence. Pour plus de renseignements, veuillez vous référer à la section sur les infrastructures de communications. ServicesLes principaux secteurs sont la santé, l’éducation et l’action sociale. EntreprisesEn 2006, il y avait près de 500 entreprises basées à Saint-Pierre et Miquelon. Le tableau suivant fait état du nombre d’entreprises par secteurs d’activité.
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